Nouveau continent, nouveau moyen de transport ! Apres la Renault 4, le train, le bus, la moto et le side car nous laissons tomber les moteurs et décidons de partir à vélo. Notre moteur désormais, ce sont nos mollets ! Nous découvrons petit à petit les bienfaits de ce moyen de locomotion.
LA BICYCLETTE, UNE NOUVELLE ECOLE
Tout d’abord, il nous permet d’être au plus près des populations que nous rencontrons. Tout simplement parce que nous sommes plus lents. Mais aussi car il est très utilise par les locaux. Quoi de mieux pour faire connaissance qu’une petite course sur l’asphalte tanzanien ?
Ensuite, c’est un défi physique. Cela nous manquait depuis le début de notre voyage ! Notre belle résolution tremble un peu sur les premiers kilomètres de la route malawite. Chargés du bureau des rêves, ainsi que des sacoches qui contiennent le matériel vidéo nécessaire à nos prises de vue, nous atteignons notre étape du jour lessivés, le fessier douloureux. Peu à peu,nous nous faisons à ce rythme et commençons à apprécier l’effort. Nous profitons pleinement des pays que nous traversonset de leurs habitants.

Enfin c’est un moyen de transport très économique puisque en dehors du coût d’achat et des petites réparations nécessaires, cela ne nous coute rien. Nous avons pu ainsi tenir un budget très raisonnable, avec un record au Malawi de sept euros par personne et par jour, tout compris !
LA DECOUVERTE DU CONTINENT AFRICAIN
Quand on pense à l’Afrique, on a souvent cette image du petit africain au ventre gonfle qui vous regarde de ces grands yeux, sur fond de terre aride et craquelée. Ou encore les coups d’état à répétition, les guerres civiles et les milices armées jusqu’aux dents qui circulent en pickups, terrorisant la population sur leur passage. Les medias nous passent ces images sans arrêt et nous en avions certaines en tête en arrivant sur le continent.
Certains expatriés que nous avons rencontrés à Dar es Salam en Tanzanie, point de départ de notre traversée nous ont fait part de leur doute sur notre projet. Quelques-uns allaient jusqu’à nous dire que ce que nous faisions était très dangereux et que nous risquions certainement de nous faire tuer en chemin !

Notre choix d’itinéraire s’est porté sur l’Afrique anglophone, réputé pour sa stabilité. Nous avons aussi taché de respecter certaines règles de sécurité de base : faire attention à proximité des grandes villes, ne pas voyager de nuit et surtout ne pas accepter de bonbon des étrangers;) Heureusement rien de tout ce que l’on nous avait prédit n’est arrivé et notre traversée s’est passé sans encombres, nous n’aurons pas été embêté une seule fois sur le continent !
De même nous avons été très surpris par les paysages que nous avons rencontrés, bien loin des représentations que nous nous faisions. Le vert a clairement été la couleur dominante du voyage ! Nous avons d’abord aperçu les magnifiques parcs nationaux de Tanzanie par la fenêtre du mythique train Tazara qui traverse le pays. Le lac Malawi nous a ensuite tenu compagnie pour nos premiers coups de pédales. Une baignade s’impose à la fin de ces longues journées de vélo. Puis nous traversons des paysages quasiment méditerranéens – les chemins couleurs ocre en plus – pour arriver en Zambie. Nous atteignons finalement les splendides chutes Victoria ! Pas mal comme ligne d’arrivée, non ? Nous prenons une bonne douche sous ces cataractes de 108 mètres de haut, dont l’existence fut révélée à l’Europe en 1855 par l’explorateur anglais David Livingstone.
DES REVEURS A L'ECOLE
Pour des soucis de sécurité, nous avons décidé de demander l’hospitalité aux écoles que nous croisions sur notre route. Avec une moyenne de six enfants par femme dans les pays que nous avons traversés, imaginez le nombre d’enfants et donc le nombre d’écoles ! Bien que l’éducation ne soit pas toujours de bonne qualité, les enfants sont souvent scolarisés. Même si certaines familles préfèrent les voir travailler dans les champs pour contribuer au revenu familial plutôt que de les envoyer à l’école et ainsi être une charge pour le foyer.

Les proviseurs ont souvent beaucoup de mérites car ils ont la plupart du temps entre 500 et 1000 élèves à leur charge avec des moyens financiers et matériels limités et peu de professeurs en comparaison au nombre d’élèves. Malgré cette situation, nous sommes toujours très bien accueillis et la meilleure salle de classe nous est souvent réservée pour la nuit !
C’est aussi pour nous un moyen de rencontrer un grand nombre de proviseurs, de professeurs et d’étudiants, une belle occasion de récolter nos premiers rêves africains ! Au réveil, nous installons le bureau devant notre salle de classe et y recevons ceux qui veulent nous confier leurs aspirations. Rapidement, nous sommes entourés d’une centaine de paires d’yeux qui cherchent à comprendre ce que manigancent ces blancs, perdus au milieu de leur pays.
Depuis notre entrée en Russie, nous avons été surpris par le patriotisme des personnes que nous avons interviewées. Les africains ne dérogent pas à cette règle et nous vantent le mérite de leur pays. Les éléments que nous retrouvons le plus fréquemment sont la nature environnante et la sécurité qui y règne. Nous notons aussi chez nos jeunes rêveurs africains un certain fatalisme par rapport à leur situation. Nous les sentons relativement résignés et sans grande envie de changer les choses. Cela s’accompagne également d’une confiance un peu aveugle vis à vis de leur gouvernement qui sont le plus souvent corrompus.

Après toutes ces expériences, et la tête remplie de belles images, nous sommes prêts pour la deuxième partie de notre traversée africaine : le désert du Namib et l’Afrique du Sud avec la ligne d’arrivée au Cap !
Thibault
Regardez la vidéo pour ce tronçon :




















