Dernière ligne droite : 8000 km de Téhéran à Paris en passant par le nord-ouest iranien, les plaines d'Anatolie et les Balkans. De nouveau à deux dans la 4L, comme au premier jour.
LE NORD-OUEST IRANIEN
Depuis la forteresse d'Alamut, ancien fief de la secte des Assassins qui sévissait dans la région au XIIe siècle, la vue sur la vallée est imprenable. Le soir, nous plantons la tente au bord d'un lac de montagne où se déroule une compétition de pêche. Les participants sont des durs à cuire : ils resteront éveillés toute la nuit, jusqu'à ce qu'une carpe de 54 kg vienne mordre à leur hameçon.
Le bazar de Tabriz est l'un des plus vastes et des plus anciens du Moyen-Orient. Comme à Téhéran, c'est le poumon économique de la ville.
Dernière nuit en Iran. De l'autre côté du lac, l'Arménie ; le lendemain, nous entrons en Turquie. Correction : nous sommes réveillés au milieu de la nuit par les militaires iraniens pour un contrôle d'identité, et nous devons plier bagage pour aller planter la tente quelques kilomètres plus loin de cette zone frontalière.
LES PLAINES D'ANATOLIE
Le ciel s'enflamme et nous indique qu'il est temps de trouver où planter la tente, après une longue journée de route depuis le Kurdistan turc. Nous atteignons la Cappadoce, deux mille kilomètres après Téhéran. Ses paysages, d'origine volcanique pour la plupart, ont une forme très caractéristique. On essaie tant bien que mal d'y planter la 4L comme une de ces cheminées de fées. Puis, en route pour Istanbul, un paysage nous rappelle la Bolivie.
A Istanbul, un rêve de liberté
Nous avions rencontré Tulga pour la première fois en novembre dernier, sur les rives du lac Baïkal. Aujourd'hui, il nous accueille chez lui, à Istanbul. Après plus de vingt ans dans le tourisme et la restauration, il vient de créer sa propre agence de voyage. Il invite ses clients, qu'il préfère appeler ses « amis de voyage », à découvrir les quatre coins de la planète à sa façon, c'est-à-dire au plus près de la population locale.
Tulga a toujours rêvé de liberté, d'indépendance. Au Bureau, il nous explique que, pour progresser sur ce chemin, il s'est toujours efforcé de respecter les choix qu'il s'était fixés. En ces dernières semaines de voyage, il est une grande source d'inspiration pour nous.
Istanbul est notre porte d'entrée en Europe. Dès le lendemain, nous partons pour Sofia, en Bulgarie.
NOCES DE COTON
Les Balkans défilent. Le 12 octobre, nous fêtons nos un an de voyage à Venise. Merci à tous de nous avoir suivis cette année !
BONJOUR LA FRANCE !
Le 15 octobre, pour entrer en France, nous empruntons le col Agnel, qui culmine à 2700 mètres. En haut, il neige. Nous sortons notre vieux thermomètre acheté en Russie : il affiche -10°C. Un accueil glacial ! Nous sommes surexcités de revenir en France après un an de voyage. Les couleurs d'automne subliment le parc du Queyras, plus bas dans la vallée. Tout est écrit en français, les chalets respirent le doux fumet des produits du terroir, nous nous faisons une joie d'aborder les gens pour le seul plaisir d'entendre l'accent du pays. Tout est incroyablement beau et propre !
Pour notre première soirée en France depuis un an, nous campons au bord du lac de Serre-Ponçon, dans les Hautes-Alpes. Dans nos esprits, un mélange d'euphorie du retour, d'excitation à l'idée de revoir nos proches, de nostalgie des mois passés, d'appréhension et de sérénité face à l'avenir.
TOUR DE FRANCE
Nous avons gardé la dernière semaine du voyage pour faire un tour de France : la Provence, le Languedoc, les Pyrénées, l'Aquitaine, la Charente, la Loire. Nous rejoindrons Paris par les « petites routes ». L'objectif de ces derniers jours : demander leurs rêves aux Français. Le meilleur pour la fin ?
Après les Hautes-Alpes, la Provence, le Languedoc et les Pyrénées, nous arrivons en Aquitaine. Le charme des vignobles bordelais, auxquels l'automne donne des reflets dorés, nous séduit tout de suite : un petit coin parfait pour une fin de voyage tout en douceur. Dernières nuits sous la tente.
Nous rendons visite à un producteur de Pomerol, qui nous fait visiter sa propriété pour nous faire comprendre le processus de vinification. Nous en profitons pour lui demander son rêve. Si la bonne entente familiale arrive en tête de ses aspirations, le respect du patrimoine viticole et, plus largement, de la culture française ne sont pas en reste. Heureux de constater qu'on fait de belles rencontres jusqu'à la toute fin du voyage, nous reprenons la route vers Paris.
LIGNE D'ARRIVEE
Le 24 octobre 2015, à 16h, nous arrivons sur le parvis de la mairie de Versailles, celui-là même d'où nous étions partis. 375 jours de voyage. Nos familles et nos amis sont venus nous accueillir en fanfare. Le soir, la fête continue sur la péniche « La Balle au Bond », à Paris, pour une soirée déguisée sur le thème du voyage.
ON EST DE RETOUR !
Merci à tous d'être venus nous accueillir et de nous avoir suivis cette année !