Le Bureau des Rêves

#9 · Amérique du Sud

Bolivie > Pérou

juillet – août 2015 · Marche, stop et bus

Vidéo en cours de montage

Le 9 juillet 2015, c'est fait ! 15 jours et 400 km de marche à 4000 mètres d'altitude pour traverser les déserts du sud-ouest bolivien : le Sud Lipez et le Salar d'Uyuni. Du vent, du froid, des lèvres et des pieds qui n'en sont plus… le tout récompensé par l'indescriptible joie de l'arrivée ! Il est temps de redescendre un peu.

LA VILLE BLANCHE

Micro-trottoir au marché de Sucre

Après notre marche sur le haut plateau bolivien, il fait bon profiter quelques jours du charme de Sucre, l'ancienne capitale du pays. Surnommée la « ville blanche », elle est classée au patrimoine mondial de l'Unesco.

On en profite pour réaliser un micro-trottoir, qui cette fois-ci consiste à collecter les rêves des vendeurs de fruits, de légumes et autres victuailles du marché central de la ville. « Je n'ai que des cauchemars » nous lâche l'une d'entre elles… D'emblée, pas commode ! On finira par se voir confier des témoignages poignants.

UNE LEÇON D'HUMILITE

Le Huayna Potosi, 6088 mètres

Moins d'une semaine après la fin d'une marche qui nous a esquintés, on veut relever un nouveau défi : grimper le Huayna Potosi, en deux jours, puisque nous sommes bien acclimatés. Ce pic qui surplombe La Paz du haut de ses 6088 mètres a la réputation d'être l'un des sommets de plus de 6000 mètres les plus accessibles, tant techniquement pour les novices que nous sommes qu'économiquement…

Jour 1. Arrivés au camp de base (5200 m) vers 17h après 3h de marche. Le vent souffle légèrement. On se sent en pleine forme, au grand air. Pas de mal de tête à signaler. Coucher à 18h30.

Jour 2. Lever à 1h30. On revêt les multiples couches pour se protéger du froid. Encordés, casques attachés, crampons fixés, lampes frontales allumées, piolets en main, c'est parti pour 7h de promenade jusqu'au sommet ! Ah oui : ça souffle toujours pas mal…

Aux alentours de 5h30, à 5900 mètres : « Il y a trop de vent, il faut redescendre. Personne n'atteindra le sommet aujourd'hui ! » entend-on à travers nos casques. 5h31 : petite larme.

De retour au camp de base, on se réchauffe avec un thé au moins aussi amer que le goût que nous laisse ce premier échec du voyage. Nous quittons La Paz et relativisons notre mauvaise fortune. Après tout, on a pris une bonne leçon d'humilité face à la montagne, et on se console en pensant aux nouvelles aventures qui nous tendent les bras.

UNE PAUSE SUR L'ILE DU SOLEIL

Après 9 mois de voyage, il est bon de faire une pause de quelques jours, au calme. On a vu dans l'île du Soleil, au milieu du lac Titicaca, un endroit idéal pour prendre un peu de recul, entre deux vins chauds, et réfléchir aux apports personnels et collectifs de notre aventure.

On y marche depuis Copacabana jusqu'à l'embarcadère, 17 km plus à l'ouest, puis on monte dans une barque en compagnie de deux Boliviennes venues en vacances de La Paz.

C'EST LE PEROU !

Cusco, la capitale des Incas

Le 19 juillet, place au Pérou : le 20e pays depuis notre départ de France en octobre 2014. Le petit dernier ? On commence par la ville impériale de Cusco, ancienne capitale des Incas et épicentre de leur vallée sacrée.

Dans ses ruelles, on a la chance de rencontrer Edison, notre premier rêveur péruvien. Enseignant, marié et père d'un petit garçon, il travaille pour le moment dans une église qui domine le centre-ville. Il nous donne une vision fine de la situation économique et sociale de son pays avant de nous confier qu'il rêve de devenir doyen de l'université de Cusco à moyen terme, puis gouverneur de la ville à long terme !

TROISIEME LIGNE D'ARRIVEE CHEZ LES INCAS

Huit jours dans la cordillère de Vilcabamba

Notre dernier défi en Amérique latine ? Une randonnée de 8 jours et environ 160 km en autonomie à travers la cordillère de Vilcabamba, dans les Andes péruviennes. Du village de Cachora, le sentier passe par les ruines incas de Choquequirao avant de nous mener jusqu'au Machu Picchu. Des paysages à couper le souffle, environ 6 heures de marche quotidienne dans les pentes raides des Andes, des mouches qui vous grignotent les mollets, 16 sachets de pâtes instantanées… La felicidad !

La température grimpe dans la montée. Bientôt on aperçoit les ruines de l'ancienne cité inca de Choquequirao, le « berceau d'or » en quechua : à ce jour, seuls 30 % du site ont été fouillés. Au coucher du soleil il n'y a plus personne, même le gardien est rentré chez lui. Le vent se lève, il commence à faire frisquet, il s'agirait de trouver un endroit où dormir ! Les Incas ont pensé à nous : ils nous ont préparé une chambre à coucher… à ciel ouvert. Abrités du vent, on peut enfin déguster nos succulentes pâtes au poulet. Le lendemain, on ne tarde pas trop à mettre les voiles.

Sur une voie construite par les Incas, on franchit un premier col à 4143 mètres. De l'autre côté, vue imprenable sur la chaîne du Saksarayuq, dont les sommets culminent à près de 6000 mètres, et 1000 mètres de dénivelé jusqu'à la rivière Yanama. On passe la plupart des nuits dans de petits villages, comme à Yanama. A cette altitude, plus de mouches pour croquer les mollets ! Le deuxième et dernier col, celui de Mariano Llamoja (4660 m), laisse apparaître le Salkantay, le plus haut sommet de la cordillère de Vilcabamba et l'un des plus élevés du Pérou.

Le septième jour, aux ruines de Llactapata, on aperçoit le Machu Picchu pour la première fois. Le huitième, la tradition veut que le réveil sonne à 4h, car les portes du site ouvrent à 5h : il faut tout faire pour arriver en haut des marches avant les 5000 visiteurs quotidiens… L'arrivée au Machu Picchu marque l'achèvement du troisième tronçon de notre itinéraire. Un moment fort ! Surtout quand on n'a pas fermé l'œil de la nuit à cause des chiens qui nous faisaient la fête et de la chaleur humide de la vallée.

UNE SEPARATION

Ces trois derniers mois, en bref ? Des moments d'exception dans la pampa uruguayenne, un coup de cœur pour Buenos Aires, de belles rencontres pendant la remontée de l'Argentine en stop, de mémorables randonnées en altitude en Bolivie et au Pérou.

Le 6 août, à Lima, le Bureau sort une dernière fois sur le continent. Puis, le 9 août, la rumeur se confirme : après 10 mois sur les routes, Thibault et Louis-Hubert se séparent à l'aéroport international de Lima. Le premier s'envole vers le Vieux Continent, le second retourne en Russie chercher la voiture avec laquelle nous avons commencé le voyage.

Rassurez-vous, ce n'est que provisoire : nous nous sommes donné rendez-vous en terre persane quelques semaines plus tard pour achever ensemble le quatrième et dernier tronçon du voyage. Mais ça, c'est au prochain épisode…

Photos du tronçon

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